Swatch Internet Time : ce qu’était .beat et ce qu’il est aujourd’hui
Nous ne sommes pas Swatch. « Swatch », « Internet Time » et « .beat » sont des marques de leur titulaire. BeatTime est un projet indépendant, sans lien avec Swatch AG, ni approuvé ni soutenu par elle. Cette page décrit leur idée et dit clairement en quoi notre horloge s’en écarte.
En 1998, un horloger a proposé que la planète entière lise le même nombre au même instant. L’idée valait mieux que sa réalisation — et ce qui clochait peut se réparer.
Ce que c’était
Swatch a lancé Internet Time en octobre 1998, au plus fort de la conviction qu’internet dissoudrait les frontières. La journée était divisée en 1000 beats au lieu de 24 heures, notés avec une arobase : @000 au début du jour, @999 à la fin. Pas de fuseaux, pas de a.m. ni de p.m., pas d’heure d’été. Deux personnes dans deux pays fixaient un rendez-vous avec les mêmes trois chiffres.
- 1 beat
- 86,4 secondes — une minute et 26,4 secondes.
- Une journée
- 1000 beats, comptés à partir de @000, sans heures entre les deux.
- Le point d’ancrage
- Biel Mean Time — l’heure locale de Bienne, la ville suisse où Swatch a son siège. Elle vaut UTC+1 et ne passe jamais à l’heure d’été.
Comment le lire
Un beat dure un peu plus qu’une minute, trois chiffres suffisent donc pour la journée entière. Tout ce qui précède la virgule est identique partout sur Terre au même instant — c’est tout l’intérêt.
| UTC | .beat |
|---|---|
| 00:00 | @000 |
| 03:00 | @125 |
| 06:00 | @250 |
| 09:00 | @375 |
| 12:00 | @500 |
| 15:00 | @625 |
| 18:00 | @750 |
| 21:00 | @875 |
| 23:59 | @999 |
Une heure vaut 41,67 beats, un quart d’heure environ 10. Ainsi @500 signifie midi UTC, et « rendez-vous à @750 » correspond à dix-huit heures UTC, quoi qu’affiche la pendule de votre mur.
Pourquoi cela n’a pas pris
Non pas parce que les gens tiennent aux fuseaux horaires. Les raisons étaient plus prosaïques, et il vaut la peine de les nommer honnêtement :
- Le point d’ancrage était un fuseau horaire déguisé. Une horloge qui abolit les fuseaux ne peut pas commencer sa journée à minuit dans une ville suisse précise. Tous ceux qui vivaient hors de cette heure devaient adopter le midi d’autrui — précisément ce que l’idée promettait d’abolir.
- C’était un produit, pas une norme. Aucune spécification à implémenter, aucun serveur de temps à interroger, aucune bibliothèque dans la chaîne d’outils de quiconque — il y avait des montres à acheter.
- Les ordinateurs avaient déjà UTC. Les ingénieurs disposaient d’une horloge universelle qui fonctionnait, était normalisée et déjà câblée partout. Une seconde horloge universelle devait offrir plus qu’une autre notation.
- Le moment est passé. Internet Time tenait à l’enthousiasme d’une année précise. Quand l’enthousiasme est retombé, le marketing s’est arrêté, et avec lui la seule chose qui gardait cette notation sous les yeux du public.
Qui a continué à l’utiliser
Il n’est jamais tout à fait mort. Des jeux en ligne aux joueurs dispersés dans le monde annonçaient leurs événements en beats, car un seul nombre évitait à tous une conversion — Phantasy Star Online l’a fait en 2000, et l’habitude a survécu à la console. Quelques téléphones et logiciels de discussion proposaient un affichage en beats. Les collectionneurs portent encore les montres et les programmeurs amateurs écrivent encore des horloges en beats, ce qui est à peu près la façon dont nous sommes arrivés là.
Ce que nous avons changé
Notre horloge est ancrée à UTC, pas à Bienne. C’est le seul changement dont découle tout le reste — et il signifie que notre lecture est en retard de 41,67 beats sur une montre Swatch de 1998, au même instant.
Nous le disons franchement, car il suffit d’une minute pour le constater en plaçant les deux horloges côte à côte. Un temps universel ancré à minuit dans une seule ville, c’était le défaut de l’original ; UTC n’appartient à personne, et c’est la propriété qui manquait à l’idée dès le départ.
- Centibeats. Quand le beat est trop grossier, la lecture se poursuit après le point : @523.45. Un centibeat vaut 0,864 seconde.
- Une spécification écrite et une API gratuite. N’importe qui peut interroger l’heure, convertir dans les deux sens ou intégrer l’horloge, sans clé et sans compte — l’infrastructure que l’original n’a jamais eue.
- Quelque chose bâti par-dessus. La même horloge horodate des fichiers, si bien que l’on peut prouver qu’un document existait à un beat donné. C’est ce qu’une notation seule ne pourrait jamais faire.
- Rien à vendre. Il n’y a pas de montre ici. L’horloge, les applications et l’API sont gratuites, et le projet est financé par ceux qui choisissent de le soutenir.